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Travail, activité, pratiques PDF Imprimer Envoyer

 

Au coeur des travaux de cet axe, sont interrogés trois termes/concepts qui sont, en sciences humaines, d’usage courant, mais complexes, hétérogènes et polysémiques. Si chacun d’eux est constitué en concept dans différents champs théoriques (différemment selon les champs), il peut aussi être utilisé sans être conceptualisé dans d’autres champs. Par exemple, si « pratiques » a été d’abord conceptualisé dans le champ sociologique, il l’a été également plus tard en didactiques des disciplines, mais aussi utilisé de façon non conceptuelle dans certains écrits de sciences de l’éducation ; si « travail » a du sens comme concept dans la théorie sociale critique, et en sociologie du travail, il a pu être utilisé non conceptuellement dans certains champs théoriques avant d’être reconceptualisé en psychologie du travail et réutilisé plutôt comme notion ailleurs ; « activités » est un terme tout aussi riche d’histoire conceptuelle notamment dans le champ de ce qu’on appelle les théories de l’activité mais peut, par ailleurs, dans certains contextes théoriques, être utilisé dans son sens ordinaire, sans visée conceptuelle. La confrontation de l’usage de ces termes, de leur généalogie conceptuelle, de leur éventuelle naturalisation, mais aussi de leurs complémentarités, selon les cadres théoriques représentés au CIREL, constitue un enjeu intéressant dans la perspective des apports contributoires du CIREL aux sciences de l’éducation, de la formation et également dans les sciences du travail. Elle implique un croisement des cadres d’analyse, des concepts mais aussi des méthodologies d’investigation. Le processus d’influence mutuelle entre la sphère des pratiques et la sphère des recherches en matière d’usage de ces termes et son impact sur les conditions de production des connaissances scientifiques fait l’objet d’une attention particulière. Traversé par ces confrontations épistémologiques, cet axe fait dialoguer des modalités d’approche de ce que l’on peut appeler le faire des acteurs — ou des sujets — dans le champ éducatif, avec trois orientations principales.

La première orientation consiste en l’analyse du faire au sein du champ éducatif, appréhendé comme activité, travail ou pratique, dans la diversité des contextes sociaux, culturels et institutionnels où il s’exerce : celui des enseignants, des inspecteurs, des CPE, des formateurs, des conseillers en orientation et en VAE, des chefs d’établissement, des CPE, etc., mais aussi d’autres professionnels intéressant nos investigations soit pour leur dimension éducative (travailleurs sociaux, du secteur de la santé…) soit du point de vue des processus de construction des compétences, professionnalisation, développement professionnel et modalités d’évaluation qui les caractérisent.

La seconde orientation consiste en l’analyse du faire des élèves et/ou des apprenants (jeunes et adultes) en ce qu’il implique des processus d’apprentissage, de développement, de transmission, de transfert, de difficultés et de stratégies destinées à les résoudre (échec scolaire, violence, illettrisme, harcèlement, choix d’orientation…).

 

La troisième orientation est l’analyse des apprentissages, savoirs et compétences de toutes natures (aussi bien formels et formalisables qu’informels et difficilement formalisables) appréhendés dans leurs diverses dimensions (collectives ou individuelles, didactiques ou pédagogiques, visibles ou cachées, etc.), générés notamment à partir d’activités conduites dans des dispositifs tels que les formations en alternance et en apprentissage, la VAE, les stages en entreprise, les différentes formes de formation professionnelle, les dispositifs pédagogiques (y compris ceux qui relèvent d’une innovation ou d’une alternative au fonctionnement classique).